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« Ma première colo » (1) de Gaston Mbemba Ndoumba

Classé dans : Non classé — 5 novembre, 2010 @ 11:16

 

Belle petite histoire que l’on peut classer dans le roman de jeunesse. Une histoire rapportée à la première personne par l’héroïne, la petite Fanny redoutant dans un premier temps l’expérience d’une colonie de vacance car ne voulant pas se séparer de ses parents. 

Après une riche discussion avec une amie de classe qui a déjà fait partie d’une classe de neige et d’une colo, Fanny décide de « découvrir » la colo. Et c’est avec son amie Margot qui a accepté son projet d’aller en colo que Fanny va tenter son expérience tant attendue. La décision de l’héroïne sera agrémentée par la complicité des parents des deux amies qui vont les inscrire à une même colonie de vacances. Pour les deux filles, ça sera leur première colo. Aussi, vont-elles amorcer les préparatifs avec leurs parents, le départ étant prévu pour le 14 juillet 2008. Une expérience qui va s’étendre sur cinq jours au cours desquels les deux filles, en compagnie d’autres enfants, tous encadrés par des animateurs dans l’exercice de leur métier, vont goûter les délices de « vivre en société », loin des parents. Cinq jours qui vont marquer la petite Fanny qui, le premier jour, éprouve déjà le sentiment d’avoir abandonné ses parents et de se demander si elle serait capable de supporter la cohabitation avec les autres enfants qui font partie du voyage. Et c’est par car que le groupe va quitter Paris pour la ville de Saint Maurice dans l’Oise. A partir du départ du convoi, le texte se présente comme un cahier journal dans lequel l’héroïne note tout ce qu’elle voit, entend et fait en compagnie des autres et particulièrement avec Margot. La première expérience de la colo est marquée par le déclenchement inattendu d’une alarme du centre qui abrite les enfants. Commence à ce moment le professionnalisme des animateurs et animatrices qui emmènent les enfants dans le bâtiment prévu en cas d’incident. Quand les pompiers arrivent sur les lieux, ils rassurent les enfants : le déclenchement de l’alarme a été accidentel car trop vétuste. Cette première nuit parait un peu bousculée pour les enfants. Fanny a remarqué l’efficacité de leurs accompagnateurs et accompagnatrices qui ont assuré leur sécurité. Le lendemain, « traumatisés » par l’incident de la veille, les enfants sont pris en charge psychologiquement par les animateurs. Aussi, la petite Fanny est chagrinée par l’absence de ses parents. Margot, de son côté, redoute un nouvel incident, d’où sa peur de dormir dans l’immeuble. Mais elle est rassurée par l’animatrice Natacha. Au cours de cette deuxième journée, le petit Charles, âgé de sept ans est rentré à Paris car souffrant de varicelle. Le 16 juillet, les enfants se montrent en forme pour affronter une journée chargée qui va les emmener à la mer de sable. Et c’est à cette occasion que Fanny découvre que Camille a été en Afrique avec ses parents. Cette dernière a été marquée par la ville de Saint Louis et l’île de Gorée au Sénégal d’où étaient partis la plupart des esclaves noirs vendus en Amérique. Et le récit de réveiller en Fanny l’envie d’aller visiter l’Afrique. Pour la première fois, elle revit le vide crée par l’éloignement des parents quand elle reçoit la lettre de son père ; elle ne peut s’empêcher de verser des larmes. Aussi, l’histoire passionnante de Moïse racontée par les animateurs va ponctuer la soirée avant que tout le monde rejoigne le dortoir à 21 heures. Le jeudi 17 juillet, avant dernier de la colo : activités en groupe avec  les animateurs le matin et séance avec  les poneys l’après-midi. Et une soirée dansante a lieu pour clôturer la journée : enfants et accompagnateurs sont émerveillés dans une atmosphère baignée de musique. Quand le dernier jour arrive et annonce la fin de la colo, Fanny réalise le goût de cette sortie. La journée se termine par la révélation de l’histoire du père Noël qui précède tous les 25 décembre et dont la jeune fille avait découvert la mise en scène de ses parents. Une micro-histoire (synonyme de sa déception devant le mensonge de ses parents) dans la macro-histoire qui constitue la première colo de Fanny. Le retour sur Paris intervient après un voyage mouvementé avec quelques malaises dans le groupe, mais sans gravité. Quelle joie pour Fanny et Margot quand elles retrouvent leurs mères !

Ecrit dans un style claire, simple et « scolaire » qui se remarque dans le quotidien des enfants, « Ma première colo » relance la littérature de jeunesse où se marient didactique et pédagogie, inaugurée par des écrivains tels Guy Menga, Caya Makhélé et Kintsa. Ce texte, une découverte du monde de l’enfant. Et son auteur (2) de spécifier dans sa dédicace au critique, « Ma première colo » est une aventure intellectuelle et humine mais aussi une «’initiation » à l’école des enfants ». 

Notes 

(1) Gaston  M’bemba Ndoumba, « Ma première colo », éd. Bénévent, 2010, 60p. 

(2)Sociologue et essayiste, M’bemba Ndoumba est auteur de plusieurs ouvrages dont le remarquable « Ces Noirs qui se blanchissent la peau : La pratique du « maquillage chez les Congolais », éd. L’Harmattan, 2004. 

Roman: LES GENS DE CHEZ NOUS(1) de Raymond Ibata

Classé dans : Non classé — 5 novembre, 2010 @ 12:39

Après « Le Calvaire d’Elise » en 1996, voici un autre remarquable roman que nous livrent les éditions Héros dans l’Ombre et dont la critique n’aurait pas vraiment mis au grand jour. Compte tenu de ses spécificités qui nous rappellent le Congo profond, il nous a paru intéressant de revenir sur ce roman. Car il ajoute à notre patrimoine culturel une dimension « septentrionale » tant son auteur apparaît comme un « historien-sociologue » de son terroir sur fond des racines congolaises. 

Quand le vieux Ikombo décide de choisir comme successeur son neveu orphelin Missato au détriment d’un autre neveu Kossi, il ne sait pas que sa décision qu’il croit « humaine » sera lourde de conséquences dans la famille. Celle-ci ne sera jamais acceptée par Kossi et sa mère Gnalobo qui vont tout faire pour tenter à la vie de Missato. Celui-ci échappe à la mort moult fois « préparée » par la mère et son fils. Et tout se précipite quand Gnalobo met en pratique sa sorcellerie. Par haine et par jalousie, elle tue le petit Atongui, l’enfant de Missato et Sanza venus en vacances au village.  Et la mort de l’enfant va provoquer celle de la sorcière. A cet instant, le roman épouse le tragique, la douleur et la vengeance au village : Ikombi devient un chef « impuissant » car n’ayant pas pu arrêter l’arrivée de la mort dans le village, et plus précisément dans sa famille. Kossi ne peut supporter la disparition de sa mère et tente, une fois de plus, d’éliminer son frère ennemi. Mais le destin étant en faveur de ce dernier, Kossi qui défie le pouvoir des dignitaires, se voit repousser par tout le village. Seul et abandonné à lui-même, il remarque que sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Aussi, décide-t-il de se suicider. 

« Les gens de chez nous » : deux caractères juvéniles qui s’opposent 

Kossi, un homme de paille qui lie imbécilité, haine et brutalité et qui met déjà son oncle devant un dilemme quand celui-ci se décide pour un successeur dans la famille. Le mauvais caractère de Kossi est accentué par l’attitude de sa mère qui déteste aussi Missato qui représente une menace pour son fils car ayant été à l’école. Et c’est Missato que l’oncle choisit pour prendre comme femme la jeune Sanza, dernière épouse du vieux Ikombo. La méchanceté de Kossi commence à bien se manifester à partir de ce moment. Au cours d’une partie de chasse, il tente de tuer son cousin en prétextant un accident. Et pour humilier Missato, il va profiter de son absence pour violer Sanza, en complicité avec sa mère. Un viol qui va traumatiser la jeune femme et que va comprendre son mari quand sera dévoilé le secret par son frère ennemi. Kossi, un homme qui bafoue les principes élémentaires de la tradition par jalousie. Il défie les dignitaires censés le réconcilier avec Missato. Son intransigeance étant synonyme d’humiliation pour la société sécrète dont il fait partie, la sanction ne se fait pas attendre comme le lui rappelle le kani : « Kossi, par deux fois, tu as bravé une autorité ; tu viens publiquement d’humilier un twéré (…) venu pour résoudre un problème (…). Tu n’existes plus pour les gens de notre société (… ) ; tu n’existes plus pour toutes les autres sociétés dont je suis le garant, nous verrons bien qui de toi ou de nous le plus fort » (p.217). Et malgré sa désinvolture, Kossi comprendra la réalité de la force de la sagesse quand il sera abandonné à lui-même par tout le village. Sa mère qui pouvait encore le supporter ne vivant plus, l’addition de tous ses maux commis, va le pousser à l’irréparable : « il avait fait beaucoup de mal autour de lui ; il serra les dents puis fermant les yeux, il sauta dans le vide » (p.223). Un vide synonyme de suicide. 

A l’homme de paille qu’est Kossi, se dresse son cousin Missato,  l’homme de cœur, ayant le sens de la famille. Et, ce n’est pas par hasard que leur oncle va le préférer à Kossi pour la direction de la famille. Ce jeune homme qui a été à l’école, devient la bête noire de Kossi et sa mère quand le chef Ikombo le déclare implicitement  chef de famille, malgré son jeune âge par rapport à Kossi. Son mariage avec Sanza est boudé par Kossi et sa mère. Malgré toutes les tentations de mort qu’il découvre de la part de son cousin, il ne « se séparera » pas de celui-ci. Il le considère toujours comme un membre de la famille, et cela jusqu’à ses derniers jours. Missato, un homme de pardon ; malgré l’attitude rétrograde de son cousin, il accepte la repentance de ce dernier avant son départ pour la ville. Kossi se confesse et demande pardon à Missato des griefs qui les ont, entre temps, opposés : « Je voulais te demander d’oublier les petits malentendus qu’il y a eu entre nous (…). Mais nous sommes des frères et tout cela est désormais du passé » (p.103). Missato, un homme responsable vis-à-vis de sa femme qu’il veut heureuse ; il se prépare en ville pour la recevoir dans de bonnes conditions. Missato, un homme emmené à la violence malgré lui : « Kossi(…) était persuadé qu’il ne ferait qu’une bouchée de ce maigrelet de Missato (…) mais au lieu de cela, c’est lui qui mordait la poussière » (p.209) 

Le roman de Raymond Ibata : un récit de la mort 

La mort, dans ce livre côtoie plusieurs personnages. Elle est d’abord virtuelle avec le poids de l’âge d’Ikombo, dans les tentatives de meurtre de Kossi contre son cousin et dans la haine mortelle de Gnalobo envers Missato avant de se concrétiser sur quatre individus du récit. Liant la haine à la sorcellerie, Gnalobo provoque la mort de l’enfant du couple Missato venu au village pour présenter leur progéniture au vieux Ikombo. Celui décide d’éliminer l’auteur du crime qu’il croit éloigné de la famille. Malheureusement, contre toute attente, c’est sa propre sœur que va frapper le « kobé ». Affaibli par la disparition brutale de deux membres de famille (le petit-fils et la sœur) en un laps de temps, Ikombo ne peut supporter la détresse qui paraît pour lui comme un coup mortel. Il se laisse mourir à petit feu et demande à Missato l’unité de la famille. Et du côté de Kossi, la mort de sa mère le pousse à attenter de nouveau à la vie de son cousin : « Si [Missato et Sanza] n’étaient pas venus à Lango, sa mère serait certainement en vie (…) [Missato] était la cause de tous ses malheurs : il faudrait donc d’une façon ou d’une autre qu’il paye ! » (pp.183-184). Mais la mort dans ce roman n’a pas la même « signification ». Elle est mystique et même sorcière chez le petit Atongui et Gnalobo. La première provoquée par la sorcellerie de Gnalobo qui « tue » l’enfant a pour conséquence la mise en œuvre du « kobé » qui va foudroyer la sorcière Gnalobo. Avec la disparition du petit-fils et de la sœur du chef de la famille, le récit met en abyme la mort de Gnalobo dans celle du petit Atongui. Quant à Ikombo et Kossi, on peut dire qu’ils ont préparé leur propre mort. Le vieux Ikombo marqué le poids de son âge et par la mort de deux parents en un temps record tombe dans la décrépitude psychologique qui va le ronger jusqu’à la mort. Abandonné à lui-même, après avoir désobéi aux dignitaires du village, Kossi apparaît comme un mort-vivant qui est tenté par le suicide : « il prit une corde, fit un nœud coulant et y passa sa tête, l’autre bout de la corde, il l’attacha solidement à l’une des branches sur laquelle il s’assit » (p.222). Au lecteur d’imaginer la suite. 

La tradition mbosi au service du roman 

La majorité des auteurs congolais se fondent sur les réalités de leur terroir en ce qui concerne la création de fiction. Et le roman d’Ibata n’échappe pas à la règle. Il se lit largement comme une page de la société traditionnelle de l’auteur, surtout que l’histoire rapportée se déroule dans un village du nord Congo. La vie en famille, le respect et l’autorité des parents et des dignitaires, le mariage polygamique ainsi que le choix de l’épouse par la famille du prétendant, se découvrent dans le roman où l’auteur s’efforce à « photographier » la société traditionnelle.  C’est Ikombo qui décide, qui de Kossi ou de Missato, sera le chef de famille. Marié à plusieurs femmes, il pense ne pas « satisfaire » la jeune Sanza. Aussi, respecte-il la tradition en la cédant à un de ses neveux. La tradition mbosi, c’est aussi la « vie de famille » des villageois au « kandja » qui s’apparente au « mbongui » des romans de Guy Menga, Makouta Mboukou… : « (…) les femmes apportèrent à manger au kandja (…) Ikombo fit venir deux calebasses de vin de palme de sa case ; d’autres calebasses venant d’autres cases furent aussi apportées au kandja où des dignitaires : un kani, un twéré et deux obéla étaient venus partager la joie du village » (p.54). Et le côté mystique et mystérieux de la tradition mbosi se révèle particulièrement dans la sorcellerie de Gnalobo et dans la pratique du « kobé » expliquée par l’oncle à son neveu : « le kobé est une pratique ancestrale [qui] consiste à demander au défunt de se venger de ou des personnes qui l’ont prématurément soustraite à cette vie terrestre » (p.174). La réalité traditionnelle est accentuée par le vocabulaire du terroir que l’auteur utilise tout au long du récit sans pour autant édulcorer le signifié du texte. Des mots tels mwéné, obéla, kani, twéré, kobé mwanzo, mbembes lessoko, kandja… s’intègrent agréablement dans le récit pour lui donner une saveur « cuvettoise ». 

Livre bien structuré et qui se réalise en tableaux événementiels, il pourrait aussi intéresser le cinéma. Après lecture de ce roman, on est tenté d’affirmer que « Les gens de chez nous » dévoile un auteur qui assure bien la problématique du roman. Un auteur dont la plume promet. Ce récit, un coup d’essai à valeur de coup de maître. 

 

 

 (1) R. Ibata, « Les gens de chez nous », Ed. Héros dans l’Ombre, Brazzaville, 2008, 223p.     

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Classé dans : Non classé — 4 novembre, 2010 @ 11:50

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