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Archive pour septembre, 2011

L’expression du métissage dans la littérature africaine (1) de Liss Kihindou

Posté : 15 septembre, 2011 @ 10:00 dans Non classé | Pas de commentaires »

PUBLICATION  L’expression du métissage dans la littérature africaine (1) de Liss Kihindou 

La critique littéraire s’affirme au Congo. Et cela vient une fois d’être prouvé par Liss Kihindou qui, après plusieurs critiques dans la presse et sur la Toile, vient de publier un ouvrage intéressant pour la relecture de quelques classiques francophones qui posent le problème du métissage sur fond d’une écriture « brûlée par les rayons des soleils des indépendances ».  Trois romans, L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane, Le Lys de le Flamboyant d’Henri Lopes et Les Soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma sur lesquels se fonde une étude sur un sujet pertinent qui construit un pont entre trois livres et deux cultures, voilà la quintessence scientifique que nous propose Liss Kihindou. Le métissage dans la littérature, un thème révélateur dans le choc des cultures que nous révèle la littérature africaine d’après les indépendances. Rencontre du Blanc avec le Noir, rencontre des langues africaines avec le français sont étudiées sous l’angle culturel, ethnologique et linguistique ; une relecture de trois noms de la littérature africaine d’expression africaine. 

I.                    Métissage culturel 

Avec la rencontre de deux cultures dont la première (occidentale) domine la seconde (africaine), se réalise au niveau du continent « l’occidentalisation » dont parle Cheikh Hamidou Kane dans son ouvrage. Aussi Liss Kihindou nous rappelle ces propos d’un personnage de l’auteur : « L’école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu’aujourd’hui nous aimons et conservons avec soin, juste titre ». Aussi la métamorphose que subit l’Africain en contact de l’Occident est définie par le personnage de Samba Diallo qui se confronte à la loi de l’école occidentale. Il devient par la suite une sorte d’ « hybride culturel ». Et la situation de Samba Diallo fait écho à celle de Karim d’Ousmane Socé. Karim, une âme qui veut briser l’antagonisme qui existe entre modernité et tradition, antagonisme crée par le métissage culturel. À travers son étude, Liss Kihindou nous révèle que Samba Diallo et Karim nous « donnent » deux exemples de romans africains qui signifient le métissage culturel à travers leur voyage en ville, à la rencontre du milieu occidentalisé. 

II.                  La symbiose des populations blanche et noire 

Le roman le plus pertinent dans cette étude est Le Lys et le Flamboyant d’Henri Lopes car écrit par un métis qui met en scène quelques personnages métis. Et se révèle dans ce roman la difficulté de vivre son métissage. Comme le précise Liss Kihindou, « à cause du regard antipathique dont il est l’objet, le métis a du mal à concevoir son métissage comme un avantage ». En quête d’identité, le métis est souvent rejeté par les deux communautés (noire et blanche) dont il est issu malgré lui, d’où la création d’une autre communauté, celle des métis, souvent repliée sur elle-même. Une double identité se remarque chez les métis : il est Blanc pour les Noirs et Noir pour les Blancs. Devant ce rejet par les deux communautés, le métis se trouve confronté à un autre combat situé dans le choc de la communication langagière. Se crée alors un métissage communicationnel, d’où cette remarque de Liss Kihindou : « Le roman africain contemporain voit se développer une langue française où retentit la parole africain ». 

III.                Le métissage au niveau du langage 

La rencontre des cultures africaine et  française à travers l’école qui se fonde sur l’écriture comme un instrument du raconté. Avec l’école des Blancs, l’Africain passe de l’abstrait de l’oralité au contrait de l’écriture. Aussi, les langues africaines s’intègrent dans les textes écrits essentiellement en français. Et ce fait se développe dans la mesure où les écrivains africains se confrontent à moult difficultés pour traduire les réalités du terroir. Se pose le problème de la traduction des langues orales africaines en français de texte écrit. D’ailleurs Liss Kinhindou est plus explicite à ce sujet quand elle affirme que « la traduction est un exercice des plus délicats car il ne suffit pas de traduire le mot, il faut aussi pouvoir faire passer dans la langue de traduction l’esprit de la pansée, sa force, sa vitalité ». Ainsi, remarquons-nous l’intrusion des mots africains dans les textes des romans pris comme corpus d’analyse. Avec « l’oralisation » de l’écriture, comme on le constate dans Les Soleils des indépendances et Le Lys et le Flamboyant, se dégage dans ces textes l’affirmation du moi africain qui se retrouve à cheval entre l’oralité africaine et l’écrit français. On peut affirmer sans ambages que ce métissage langagier a donné naissance à des africanismes et néologismes qui caractérisent la littérature africaine d’expression française. 

Pour conclure 

 L’expression du métissage dans la littérature africaine, une analyse qui révèle la pertinence des langues africaines dans la littérature rendue en français. Et le métissage dont fait allusion Liss Kihindou est un phénomène de l’affirmation de la civilisation africaine longtemps négligée par l’Occident. Avec ces trois auteurs ayant vécu l’ère colonial et subi les soleils des indépendances, est née une écriture métissée qui s’est imposée au fil des jours dans la littérature dite francophone. Et le mérite de Liss Kihindou est d’avoir explicité cette richesse scripturale acceptée de nos jours dans la littérature de langue française, les dictionnaires modernes ayant reconnu certains africanismes, à l’instar de quelques particularités langagières d’autres pays francophones comme la Belgique et le Canada. Ce livre, un véritable document dans la recherche sur les littératures africaines.    

(1)             Liss Kihindou, L’expression du métissage dans la littérature africaine : Cheikh Hamidou Kane, Henri Lopes et Ahmadou Kourouma, L’Harmattan, coll. Ecrire l’Afrique, Paris, 2011, 92p. 11 euros.

Le nouveau roman de Noel KODIA-RAMATA sous le titre « Un Journaliste blanc sous le soleil de l’équateur »

Posté : 4 septembre, 2011 @ 10:28 dans Non classé | 1 commentaire »

Enregistré dans : Non classé — 16 juin, 2011 @ 19:47

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D’emblée, la lecture du nouveau roman de NKR s’ouvre comme le souligne l’éditeur sur un reportage sur les Enfants de la rue en pleine contrée africaine traversée par l’équateur. Un feuilleton à rebondissement d’un journaliste blanc nommé Claude Alain appartenant à la RFI qui se trouve confronté à une tentative de coup d’état avorté. Durant son séjour, il découvre une autre version sociale du pays. Et aidé par une collègue journaliste, Galiana, l’homme finit par arracher une interview historique d’un chef de l’état dans son propre palais. Qui vient de s’extirper des mailles du danger et du pire aussi, tendus par l’indécrottable et assoiffé du pouvoir le capitaine Moléki Nzéla. Quelques jours avant les émeutes sanglantes en plein capitale Tournevilloise, nés de l’échec retentissant des Tigres Noirs Katamalaisiens face à l’éminente équipe de foot-ball Diables Rouges du Congo au stade de la Trinité. 

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Les différents axes principaux 

De fond en comble, le récit palpitant de l’auteur s’article autour deux axes principaux  à savoir: le style et la méthode.  Un immense champ romanesque parcellisé par les multiples sujets. Un savoureux ouvrage qui recèle à la fois l’essai, le roman et le théâtre. Cet étonnant composite aux myriades de sujets qui touchent toutes les sphères du continent africain en profonde ébullition et mutation perpétuelle. Un autre style de genre dans l’écriture des œuvres littéraires Congolaises longtemps claquemurée dans le développement politico-social retondant. En brassant dans son roman, les différentes formes d’écriture possible l’auteur a mis en avant une nouvelle approche pour relater la réalité historico-sociale africaine et celle dite politico-environnementale. Mais cette innovation réside amplement  dans l’insertion des séquences sportives et scènes théâtrales…qui viennent ponctuer et colorer ce vaste assemblage de l’écriture des ouvrages littéraires. 

Du personnage central à d’autres, l’auteur enchaine dans la variété et la diversité des thèmes qui ramènent au point nodal du livre centré sur le reportage qui vire à l’impondérable et à l’imprévisibilité. C’est ce changement des tableaux synoptiques qui fait la richesse de l’ouvrage et la beauté de son contenu sublimé au fil des pages par le journaliste lui-même, la Star Galiana, le  président Koudia Koubanza,  l’incontournable Papa Wemba alias La Boule-à-zéro, le vieux Mabika, Monsieur Olivier Boulanger, la Mam’ Pangoula, ses enfants….. et les comédiens divers qui dans leur dialogue véridique donne une dimension politique, morale, humaine et spirituelle. Des passages édifiants qui drainent le lecteur dans les bords singuliers de l’auteur….ses autels de vision, ses citadelles de conviction et ses antres de croyances. Qui expriment ce que l’écrivain pense de l’Afrique d’aujourd’hui et celle qui vient. C’est suivant ce champ circonscrit que NKR fait parler son cœur et interroge son esprit et interpelle surtout notre conscience pour que le « Plus jamais ça » soit une digue infranchissable de l’indignité envahissante qui gangrène notre chère mère africaine. 

Voilà la trame principale du roman politico-social et historico-sportif et environnemental de l’écrivain congolais qui résume ses titres notoires : essayiste, romancier, poète et critique littéraire. En somme dans ce nouveau roman NKR n’a fait que ressortir ces fonctions pour formuler une pensée à Jean Hélène, grand reporter de RFI mort en terre africaine. Un vibrant hommage à lui et au difficile métier de journalisme dans sa globalité.

 Un style d’un autre genre littéraire 

Avec cette nouvelle aventure romanesque NKR nous amène dans les contrées lointaines et imaginaires de son monde coloré Africain. Une pure fiction littéraire que l’auteur nous concocte au menu dans ce fabuleux voyage au cœur d’une nation Katamalaisie. Ayant pour capitale Tourneville jouxtant le Congo-Zaire et le Congo. En pleine Afrique centrale. Un pays inexistant, inventé par l’écrivain congolais dans ses férues rêveries pour expliquer le lancinant phénomène des Enfants de la rue qui touche l’Afrique noire. « Les enfants de la rue, un groupe des bambins constitué en majorité d’orphelins….et les enfants sorciers…»page16. Explicitement, en créant ce nom de pays, ce romancier de l’imaginaire a mis en exergue la fonction référentielle des toponymes fictionnels. La topographie romanesque permet de comprendre la posture de l’écrivain dans la métaphore du voyage, dans la spatialisation qui conditionne la généricité et la topicité du texte.  

Un reportage d’un journaliste de RFI mené par un homme blanc « Moundelé» perdu dans le labyrinthe dans la capitale Tournevilloise en proie à cette irruption spontanée de cette furia des enfants délaissés, abandonnés….à la recherche d’un éclair d’espoir évincé par l’engloutissement et l’effondrement de leurs rêves de réussite et de bonheur brisé et calciné. Ces laissés pour compte que NKR décrit tristement comme des «enfants de la rue dont la mendicité et le vol à tire étaient leur dada »page19Ainsi « un journaliste blanc sous le soleil de l’équateur » un message de sensibilisation et de compréhension du problème de ces bambins encore appelés « Chégués et faseurs »page 27. Ces enfants victimes de l’atrocité des politiques et des dérives messianiques perpétrés par les églises de l’éveil qui cherchent à inventer un nouvel âge ou un nouveau paradis des âmes damnées et tronquées par un évangile de la haine et de l’exclusion. 

En pointant du doigt ce mal qui ronge la société africaine, l’auteur qui écrit « Plus rien ne marche. Plus rien n’est comme avant » page12, se situe dans le terrain d’un thérapeute et d’un éducateur pour montrer à tous, une porte de sortie de crise. Ou une ouverture solutionnaire pour endiguer ce fléau exorbitant. C’est un romancier moralisateur et un poète didactique soucieux du développement global de l’Afrique par ses écrits multiformes. 

A l’antipode du courant pamphlétaire indubitablement ancré dans la critique acerbe de la politique locale, NKR se positionne dans le champ référentiel littéraire qui amorce une disjonction dans le développement du roman congolais voire africain. En intégrant les éléments d’une écriture de l’essai, du roman et du théâtre. Un véritable essaim des ouvrages dans un seul ouvrage. Un jet miroitant de plume réussie. Comme pour marquer sa singularité dans la marque Congolaise de l’écriture des œuvres littéraires. C’est cette démarcation à la lumière du nouveau roman que l’auteur se différencie de la fratrie pour donner à cette famille de l’art majeur une autre coloration au visage pictural de la culture et patrimoine congolais. 

 Une méthode aux multiples sujets

A l’entrée de la frontière imaginaire, sa sève littéraire dans cet arbre romanesque Congolais, NKR se détache des lianes asservissantes politico-sociales pour s’expanser, s’élever et évoluer. Bien loin du champ libre de la culture universelle. Où le roman cesse d’être local, identitaire pour être uniquement monde, visionnaire et futuriste aussi. 

Loin d’être un ardent pourfendeur de la politique pour s’ériger en donneur de leçons, l’auteur conseille, guide et aide au développement dans ses analyses profondes des faits marquants et brûlants qui frappent l’Afrique. L’accent mis sur la politique, la société, l’économie, le sport et l’environnement est une illustration frappante d’un écrivain multiple, et exemplaire par sa critique de l’Afrique malade. Qui se guérira par ses propres maux reconnus et acceptés. « Le temps est le seul remède qui pourra cicatriser les blessures de la vie, de ta vie, de ma vie, de notre vie Faisons-nous confiance,…. ». page 84. L’auteur parle de l’amour pour panser ses plaies béantes d’hier. Il ajoute : « Nous devons écarter la main sale de la guerre interethnique pour nous reconstruire. Je t’en prie, mon cher Paolo ! Oublie ce passé. Et il finit par ce merveilleux message : « l’œil du futur nous fixe de son regard plein de promesses ». page 83. C’est l’écho de l’espoir que NR nous invite à caresser. « Ecrasons plutôt notre douleur et chassons la colère. Accrochons nous à l’espoir et l’espérance qui se dresse devant nous. Ni vengeance, ni revanche. La vie seule impose sa justice à l’humanité ». page.85 

Sous le fond d’un humour brillant, avec des mots Koongolais « mosutu, pini, mbao Kala,… » l’auteur, le fervent patriote nous a plongés dans l’enfance où les personnages hauts en couleur scintillent pour faire de ce roman une réussite. Ce haletant et épatant ouvrage qui coupe littéralement le souffle au fil de la lecture s’apparente quelque peu a un roman amical et d’amour déguisé. 

Il reste à la fermeture de ce livre ou fin de péripétie une extinguible soif de relecture….un bien étonnant voyage littéraire dont les contours donnent aux lecteurs avertis un message de vérité et de lumière aussi. « On meurt jamais d’amertume. Ressaisissons-nous pour nous accrocher à nos destins dont l’Eternel connait l’alpha et l’oméga». Page 86. Et le président Koudia Koubanza conclut : «les africains se réveilleront et s’uniront par la force de l’histoire pour créer une Afrique forte, dynamique et puissante… » .page 156. L’auteur boucle la boucle par un furtif baiser entre les deux amis et l’exil footballistique annoncé du prodige Chris en France. Et en exhortant la francophonie, ce vaste espace d’entente pour la sauvegarde des acquis et sa peur imminente qu’elle se transforme à la francofolie. 

Habitué à nous amener dans ses propres rivages si incommensurables, jaillissants et incendiaires des Enfants de la guerre, NKR en signant ce nouveau roman, il a écrit un de ses meilleurs livres qui fera date. Et nous dira, J’en suis persuadé, des belles histoires. Demain. 

Yves MAKODIA

 

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